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Le 2005 à Saint Emilion vu par JM.Quarin.







        Saint-Emilion Grands Crus Classés 2005



Chronique n° 37 (1er mars 2007)


    Le millésime pousse le merlot vers le meilleur de lui-même et offre des structures au gras et à la densité inédites. J’écrivais dans mes notes : 2005, la pulpe des 98 et des 2000, la finale tannique des 61 que j’ai goûtées ces dix dernières années.

Certes, l’expression aromatique du merlot évoque une année solaire, mais sans les inconvénients odorants de l’excès de maturité : nuances très animales au nez qui finissent par « renarder » à l’évolution en bouteille.

    On sait depuis longtemps que les sols calcaires, d’une nature plus froide, plus fraîche, permettent de rééquilibrer les excès d’une climatologie chaude. Ce mouvement de balancier salvateur pour la qualité et la complexité du goût n’existe pas sur les sols sableux. Or, en 2005, justesse du climat oblige, sur les sols sableux le merlot parvient au bout de sa maturité sans souffrir d’excès. C’est encore plus vrai sur les parcelles d’apparence sableuse et au sous-sol argileux et froid.

    Évidemment, l’association merlot, cabernet franc et parfois cabernet sauvignon fait une fois de plus merveille. Quand ce n’est pas le terroir qui joue cette fonction de rééquilibrage, voici que le cabernet, tout aussi moelleux que le merlot en 2005, mais plus vif, apporte sa note de fraîcheur indispensable. Sur les sols plutôt calcaires, le classicisme représenté par une corpulence plus tendue que large, existe toujours, la chair des 2005 en supplément. En conclusion, quel que soit le terroir de ces Saint-Emilion Grands Crus Classés, sableux, argilosableux, calcaire, argilocalcaire et graveleux, le millésime sied à tous, à condition que le travail initial à la vigne et au chai ait été bien réalisé. De surcroît, au-delà de ces nuances, retenez que partout une sensation inédite de plaisir domine la dégustation. Ce plaisir provient d’une présence d’un moelleux incroyable. Pour autant, les vins restent riches en tanins et en arômes comme en attestent les longueurs finales.

    Ce moelleux favorisera la consommation de ces vins pendant leur jeunesse. Dans le même temps, un tanin de qualité assurera un vieillissement très favorable.
2005 est vraiment un très grand millésime.

Jean-Marc Quarin



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