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CINQ QUESTIONS / REPONSES SUR LE MILLESIME 2006 !


 
 
1)      Un mois d’août plus frais et un mois de septembre avec une pluviométrie supérieure à la moyenne saisonnière, peuvent-ils donner des raisins aptes à produire de grands vins ?
 
-        C’est exactement la question que nous nous posions nous-mêmes à cette époque ; il a fallu attendre les vinifications pour avoir la réponse.
 
-        Saviez-vous que le taux de sucre moyen contenu dans les baies de 2006 était supérieur à celui de 2005 ?
 
-        Etonnant non ! 2005 était une année très sèche. La vigne avait ralenti son métabolisme alors qu’en 2006, l’éclairement (durée d’insolation) particulièrement bon du feuillage associé à une absence de températures caniculaires en août, ont favorisé le bon fonctionnement des feuilles et la synthèse des sucres (fin juillet, le vignoble avait une configuration supérieure à 2005 !)
 
-        Deux périodes furent critiques : fin juillet avec un pic de sécheresse et début septembre avec un pic de chaleur.
 
2)     Mais si les taux de sucres sont élevés, ça ne veut pas dire que les tanins soient en quantité suffisante et de belle facture ; alors ?
 
-  La quantité de tanins contenus dans les baies est liée au poids de raisins produits par chaque pied (le rendement). Un rendement viticole bien maîtrisé permet de s’en assurer. Ce point était capital en 2006. Des rendements par souche élevés, avec un manque d’éclairement des baies cachées sous un feuillage touffu, n’ont pu produire de bons raisins.
 
-        La maturité des tanins, plus liée au climat et à la date de récolte, a mis ce dernier point encore plus en avant que d’habitude.
-        Le climat : la première semaine de septembre, « caniculaire », n’a pas suffit à compenser un mois d’août moins chaud. Il fallait donc laisser jouer le facteur temps et ramasser le plus tard possible.
Dans une année où la somme des températures cumulées pendant l’été sont normales, vendanger « le plus tard possible » veut souvent dire « aller chercher la surmaturité ». En 2006, il s’agissait simplement d’aller chercher « la maturité ».
 
3)     C’est facile à dire mais une année comme 2006 où l’humidité de septembre a favorisé la présence et le développement du botrytis (pourriture grise), comment attendre pour avoir des raisins à parfaite maturité ?
 
-        C’était là toute la difficulté. Chacun a du y répondre à sa manière et Laroze a pu montrer son avantage.
-        Il a fallu tenir le cap, raisonner la cueillette de chaque parcelle au jour le jour, mettre ses angoisses de côté, accepter de laisser perdre une partie de la récolte pour retarder la cueillette. C’est dire que mon système nerveux a été mis à rude épreuve en 2006, en tant que responsable du domaine.
-        Au bilan, la chaleur caniculaire de la première semaine de septembre qui a brûlé des raisins sur pieds, suivie du botrytis en septembre nous ont fait perdre une partie conséquente de la récolte, estimée à 20%. Le rendement final fut de 32 hl/ha.
 
4)     C’est de la pure folie ?
 
Nous ne sommes pas des ayatollahs de la vendange tardive, en sur-maturité, mais en 2006, il le fallait pour atteindre la bonne maturité pelliculaire. Nous avons donc terminé les vendanges 4 à 5 jours plus tard que d’autres domaines qui habituellement finissent après nous ! Nous avons  grignoté une semaine de maturité, ce qui fait une grosse différence !
 
Pour faire de grands vins, il faut prendre des risques et les assumer jusqu’au bout.
 
D’autres ont préféré jouer la sécurité et ramasser leurs raisins plus tôt pour éviter le botrytis. La qualité du vin s’en ressentira obligatoirement.
 
5)     Au delà de la prise de risque compréhensible, ou est l’avantage de Laroze ?
 
C’est très simple. Il est dans la capacité à trier chacune des baies de raisins, en fonction de sa forme et de les envoyer dans des récipients différents.
 
Nous séparons les raisins ronds intacts de ceux un peu éclatés et ceux écrasés ainsi que le jus d’égouttage.
En 2006, les baies éliminées étaient souvent porteuses de botrytis ! Les baies rondes intactes sont les garantes du potentiel aromatique.
Ainsi les raisins dégradés par le botrytis ne contaminent pas les jus sains.
Cela nous a permis de vendanger plus tard, malgré l’intensité du botrytis, car nous avions la capacité de l’isoler. Nous avons mis en place ce principe de tri en 2002 !
Puis les vinifications ont été pilotées de sorte à minimiser l’impact des tanins de pépins dans le vin.
Le résultat est là, goûter Laroze 2006 vaudra le détour.
Nous espérons qu'il plaira!

Voir les minis vidéos sur la récolte 2006

Comprendre la trieuse de baies



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